Dossier · Se protéger des moustiques
Certaines huiles essentielles, comme la citronnelle ou le girofle, repoussent les moustiques, mais très peu de temps : de quelques minutes à environ une heure et demie en laboratoire. Irritantes ou allergisantes, déconseillées aux femmes enceintes, aux jeunes enfants et aux personnes épileptiques, elles ne sont pas recommandées par le HCSP.

L’essentiel
Plus d’une quarantaine de plantes sont décrites comme ayant une activité répulsive contre les moustiques ou les tiques, parmi lesquelles la citronnelle, le géranium, la menthe poivrée ou le cèdre. Sur le papier, l’idée est séduisante. En pratique, la protection mesurée est courte.
Une étude publiée en 2023 dans Scientific Reports a testé 20 huiles essentielles diluées à 10 % sur le moustique Aedes aegypti, en les comparant à du DEET à 10 %. Selon l’analyse qu’en fait le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), les huiles de girofle et de cannelle ont protégé le plus longtemps, environ 100 minutes au maximum ; la plupart des autres ne protégeaient que quelques minutes, quand le DEET tenait environ 6 heures.
Ces résultats placent les huiles essentielles loin derrière les répulsifs de référence. Pour les situer parmi l’ensemble des solutions, consultez notre guide pour se protéger efficacement des moustiques.
Les huiles essentielles sont composées à environ 90 % de terpènes, des molécules très volatiles : elles s’évaporent de la peau en peu de temps, et la protection s’en va avec elles. La vanilline est parfois ajoutée pour ralentir cette évaporation.
Leur composition varie aussi selon l’origine de la plante, les conditions de culture et le mode d’extraction. Deux flacons portant le même nom peuvent donc avoir une efficacité différente. C’est en raison de cette volatilité que le HCSP conclut, dans son rapport de juin 2026, que les huiles essentielles ne sont pas recommandées pour se protéger des moustiques, avec le niveau de preuve le plus élevé (grade A).
Une huile essentielle est un concentré de dizaines de molécules. Certaines sont irritantes pour la peau, allergisantes (comme le citral), photosensibilisantes, voire suspectées d’être cancérogènes (comme le méthyleugénol). Pures, elles peuvent être toxiques en cas de mauvais usage, d’ingestion ou d’inhalation.
Les expositions cutanées répétées favorisent l’apparition d’une allergie, or leur courte durée d’action pousse justement à en remettre souvent. En cas de rougeur ou de démangeaison après application, arrêtez le produit et demandez conseil à un pharmacien ; en cas de gonflement du visage ou de difficulté à respirer, appelez le 15 ou le 112.
Elles posent aussi un problème environnemental : la plupart portent la mention « nocif pour les organismes aquatiques », et les stations d’épuration ne les filtrent pas toujours.
Les précautions générales rappelées par le HCSP sont nettes. Les huiles essentielles sont déconseillées :
Pour les tout-petits, la protection passe d’abord par la moustiquaire de berceau ou de poussette : notre page anti-moustique pour bébé et enfant détaille les solutions selon l’âge. Ne diffusez pas d’huiles essentielles dans la chambre d’un bébé sans avis médical.
L’huile d’eucalyptus citronné vendue comme répulsif n’est pas une huile essentielle brute. Elle est modifiée chimiquement pour concentrer son principe actif, le PMD (para-menthane-3,8-diol), connu sous le nom commercial Citriodiol. L’huile essentielle d’eucalyptus citronné non transformée, elle, n’a pas d’activité répulsive selon le HCSP.
Dans plusieurs études, le PMD offre une efficacité proche de celle du DEET à faible concentration. Mais en Europe, son dossier d’approbation a été abandonné, et l’huile d’eucalyptus citronné modifiée est toujours en cours d’évaluation. Aucun de ces produits ne dispose donc d’une AMM en France : ils restent vendus sous un régime transitoire, et le HCSP ne formule aucune recommandation d’usage à leur sujet. Très irritants pour les yeux, ils ne devraient pas être utilisés avant 3 ans.
Une huile essentielle vendue pour repousser les moustiques est un produit biocide, soumis au règlement européen. Seules les huiles essentielles de lavande et de menthe poivrée sont approuvées comme substances actives biocides à faible risque, depuis 2013 ; celles de citronnelle et de lavandin sont en cours d’évaluation, et le géraniol a été retiré du processus d’approbation en juillet 2025.
Surtout, aucune huile essentielle à appliquer sur la peau contre les moustiques ne dispose d’une AMM en France. Méfiez-vous des promesses de protection « longue durée » ou « toute la nuit ». Utilisez les biocides avec précaution : avant toute utilisation, lisez l’étiquette et les informations concernant le produit.
Si vous aimez l’odeur de la citronnelle en terrasse, voyez-la comme un agrément, pas comme une protection.
Vos questions
En laboratoire, les huiles de girofle et de cannelle diluées à 10 % ont protégé le plus longtemps, environ 100 minutes au maximum, contre environ 6 heures pour le DEET dans le même test. Les autres, dont plusieurs très répandues, ne tenaient que quelques minutes. Aucune n’est recommandée par le HCSP pour se protéger des moustiques.
Son effet est faible et bref. Une étude de 2015 a montré que certains produits sans DEET à base de citronnelle ou de géraniol n’avaient pas d’effet répulsif significatif sur les moustiques Aedes, dont le moustique tigre. Les bougies à la citronnelle ont elles aussi un effet limité. Pour une vraie protection, préférez un répulsif avec AMM et des moustiquaires.
Non, elles sont déconseillées aux femmes enceintes et allaitantes. Pendant la grossesse, privilégiez les moustiquaires et les vêtements couvrants. Si un répulsif cutané est nécessaire, notamment en voyage, certains produits au DEET, à l’IR3535 ou à l’icaridine sont autorisés à des concentrations adaptées : demandez conseil à votre médecin, votre sage-femme ou votre pharmacien.
Non. Le Citriodiol est le nom commercial du PMD, obtenu à partir de l’huile d’eucalyptus citronné modifiée chimiquement. Son efficacité est bien meilleure que celle des huiles essentielles, mais le PMD n’est pas approuvé en Europe et aucun produit n’a d’AMM en France. Le HCSP ne peut donc pas en recommander l’usage.
Sources consultées
Ces informations générales ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. En cas de gêne respiratoire, de gonflement du visage ou de malaise, appelez le 15 ou le 112.
Page vérifiée et mise à jour le 24 septembre 2026.