Le dossier · Se protéger des moustiques
Pour se protéger efficacement des moustiques, misez d’abord sur les barrières physiques (moustiquaires, vêtements amples et couvrants), la suppression des eaux stagnantes et, si besoin, un répulsif cutané autorisé à base de DEET, d’IR3535 ou d’icaridine. Bracelets, ultrasons et huiles essentielles ne sont pas recommandés par les autorités sanitaires.

L’essentiel
Aucune mesure ne protège à 100 % des piqûres : c’est le premier message du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) dans son rapport sur la protection personnelle antivectorielle, publié en juin 2026. La bonne stratégie consiste à combiner plusieurs gestes, en commençant par les plus sûrs.
Le bon choix dépend aussi de l’espèce. Le moustique tigre pique surtout le jour, en particulier en début et en fin de journée, alors que les moustiques communs (Culex) piquent plutôt la nuit. Et si vous êtes déjà piqué, notre guide des piqûres de moustique explique comment soulager et quand consulter.
Pour l’habitat, le HCSP recommande en priorité les protections mécaniques. En France hexagonale, les moustiquaires posées aux ouvertures sont recommandées contre le moustique tigre et le moustique commun à l’intérieur des logements. Selon votre configuration, comparez les modèles de moustiquaire de fenêtre (enroulable, fixe, velcro ou coulissante) et de moustiquaire de porte magnétique, enroulable ou plissée.
La nuit, une moustiquaire de lit bien installée réduit d’environ 80 % le passage des moustiques, à condition d’être en bon état, sans trou. Elle est particulièrement indiquée pour les bébés avant l’âge de la marche et pour les personnes alitées en période d’épidémie.
La climatisation et les ventilateurs sont eux aussi recommandés : ils réduisent l’activité des moustiques ou perturbent leur vol. Leur efficacité reste limitée, ils viennent donc en complément des moustiquaires. Dehors comme dedans, des vêtements amples et de couleur claire limitent les piqûres, car les moustiques piquent à travers les tissus près du corps et sont attirés par les couleurs foncées.
Le dossier complet
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VoyageMoustiques en voyage : paludisme, dengue et protection en zone tropicalePaludisme, dengue, chikungunya : consultation avant le départ, protection jour et nuit et réflexes au retour d’une zone tropicale.Lire le guideLes répulsifs cutanés recommandés par le HCSP contiennent l’une de ces trois substances actives : DEET, IR3535 ou icaridine (KBR3023), dans des produits disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France. Repère pratique : un numéro du type « FR-année-X » figure alors sur l’étiquette.
Les produits à base d’eucalyptus citronné (PMD, citriodiol) n’ont pas d’AMM en France à ce jour : le HCSP ne formule donc pas de recommandation à leur sujet. Quant aux huiles essentielles anti-moustiques, elles s’évaporent trop vite pour protéger durablement. Si vous cherchez à limiter les produits chimiques, notre page anti-moustique naturel fait le tri entre ce qui marche et ce qui déçoit.
Pour aller plus loin, lisez notre article pour choisir et bien utiliser un répulsif. Utilisez les biocides avec précaution : avant toute utilisation, lisez l’étiquette et les informations concernant le produit.
Les prises et diffuseurs électriques anti-moustiques libèrent un insecticide dans la pièce, le plus souvent un pyréthrinoïde. Le HCSP ne les recommande qu’en complément, pour des produits avec AMM, dans des pièces aérées. Il recommande fortement de ne pas y exposer les enfants de moins de 3 ans ni les femmes enceintes, et de ne pas y exposer les personnes asthmatiques.
La spirale anti-moustique (serpentin fumigène) pose davantage de problèmes : aucune n’a d’AMM en France et sa fumée contient des polluants. Le HCSP recommande de ne pas l’utiliser, ou alors uniquement dehors, peu de temps et loin des personnes fragiles.
La raquette anti-moustique électrique n’émet aucune substance : elle tue les moustiques que vous parvenez à toucher. Utile pour se débarrasser d’un intrus dans la chambre, elle ne protège pas des piqûres, et son efficacité, jamais mesurée par des études, dépend de votre adresse.
Le moustique tigre pond dans la moindre eau stagnante, et le développement de l’œuf à l’adulte ne demande qu’une semaine environ. Vider ou couvrir chaque semaine soucoupes, seaux, jouets, bâches et gouttières reste le geste le plus efficace contre lui. Notre article sur les gîtes larvaires à supprimer autour de la maison détaille les endroits à vérifier. Un point d’eau impossible à vider se couvre ; en dernier recours, un larvicide à base de Bti, que l’Anses privilégie, traite les gîtes persistants (c’est un biocide : suivez l’étiquette).
Pour la terrasse et le jardin, notre guide anti-moustique extérieur fait le point sur ce qui aide vraiment. Les pièges à moustiques sont recommandés comme moyen d’appoint pour réduire leur nombre autour de l’habitat, à condition d’être entretenus et associés à la suppression des gîtes. Attention toutefois : les pièges lumineux ne sont pas efficaces sur les moustiques qui piquent le jour, comme le moustique tigre, et capturent aussi d’autres insectes.
Le bracelet anti-moustique n’a jamais fait la preuve de son efficacité : un répulsif protège la peau sur laquelle il est appliqué, pas le corps entier. Le HCSP ne le recommande pas, et l’Anses conseille de proscrire son port chez les nourrissons et les jeunes enfants, après des cas d’irritations et de brûlures signalés aux centres antipoison.
Les appareils anti-moustiques à ultrasons ne fonctionnent pas davantage : une revue Cochrane de dix études de terrain n’a trouvé aucune différence de piqûres avec ou sans appareil. Notre boutique vend certains de ces articles, mais nous préférons vous le dire clairement : ne comptez pas sur eux pour vous protéger.
En zone tropicale, le risque change d’échelle : paludisme, dengue ou chikungunya imposent une protection renforcée, avec répulsif, vêtements couvrants et, en zone impaludée, moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action. Notre page moustiques en voyage et paludisme détaille les précautions, idéalement après une consultation de médecine des voyages.
Au retour, les autorités demandent de continuer à se protéger des piqûres pendant trois semaines, pour ne pas transmettre un virus aux moustiques locaux. En cas de fièvre, de douleurs articulaires ou d’éruption, consultez un médecin en précisant le territoire visité.
Pour une femme enceinte, tout séjour dans une zone où circule une maladie transmise par les moustiques mérite une évaluation du risque avec un médecin avant le départ. Pour les nourrissons, la moustiquaire de berceau ou de poussette est la protection de référence. Par précaution, les pyréthrinoïdes (prises, spirales, sprays insecticides) ne sont plus recommandés en présence d’enfants de moins de 3 ans ou de femmes enceintes, à l’exception de la moustiquaire imprégnée en zone impaludée.
Pour s’équiper
Vos questions
Aucun produit ne suffit seul. Les autorités sanitaires recommandent de combiner les moustiquaires (fenêtres, portes, lit), la suppression des eaux stagnantes et, en cas de risque de maladie ou de forte gêne, un répulsif cutané à base de DEET, d’IR3535 ou d’icaridine disposant d’une AMM. Les vêtements amples et clairs complètent cette protection, surtout contre le moustique tigre qui pique le jour.
Les solutions physiques, oui : moustiquaires, vêtements couvrants, ventilateur et suppression des eaux stagnantes sont efficaces sans aucune substance. En revanche, les huiles essentielles protègent trop peu de temps, les bougies à la citronnelle ont un effet limité, et l’ail comme la vitamine B1 n’ont aucun effet répulsif démontré. Le HCSP ne recommande aucun de ces produits.
Posez des moustiquaires aux fenêtres ou dormez sous une moustiquaire de lit en bon état : c’est la protection de référence, que le HCSP préfère aux diffuseurs électriques. Un ventilateur orienté vers le lit apporte un complément. Évitez les prises insecticides dans la chambre d’un enfant de moins de 3 ans, d’une femme enceinte ou d’une personne asthmatique.
Non. Aucune étude n’a démontré leur efficacité et les essais disponibles ne montrent pas de protection significative. Le HCSP ne les recommande pas, et l’Anses conseille de les proscrire chez les nourrissons et les jeunes enfants en raison de réactions cutanées et oculaires. Pour vous protéger, préférez un répulsif autorisé appliqué sur la peau découverte et des moustiquaires.
Sources consultées
Page vérifiée et mise à jour le 24 septembre 2026.