Dossier · Se protéger des moustiques
Des vêtements amples, clairs et couvrants, avec des chaussures fermées, forment la base de la protection contre les moustiques. En revanche, le Haut Conseil de la santé publique recommande fortement au grand public de ne pas porter de vêtements imprégnés de perméthrine. En zone à risque, un répulsif autorisé pour les textiles est l’alternative.

L’essentiel
Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), dans ses recommandations de juin 2026, place les protections physiques en premier : vêtements couvrants, moustiquaires, ventilation. Les produits biocides viennent les renforcer quand le risque de maladie le justifie. Cette logique structure aussi notre guide anti-moustique.
Encore faut-il bien choisir ses vêtements. Contrairement aux tiques, les moustiques ont des pièces piqueuses longues qui traversent un tissu fin ou tendu sur la peau : en laboratoire, 70 à 80 % des moustiques parviennent à piquer à travers un tissu au contact de la peau, rapporte le HCSP. Un tee-shirt moulant protège donc mal. La piqûre est aussi facilitée par les textiles à mailles larges, précise le HCSP.
Certains tissus techniques bloquent mieux la trompe tout en restant respirants. Une étude en laboratoire citée par le HCSP a testé 88 textiles : 53 limitaient les piqûres et 5 offraient une protection complète avec un bon confort. Ces vêtements commencent seulement à être commercialisés.
Le moustique tigre pique le jour, surtout en début et en fin de journée : c’est à ces heures qu’un pantalon léger et des chaussures fermées font la différence au jardin. Notre guide complet du moustique tigre détaille ses habitudes. Les moustiques nocturnes, comme le moustique commun ou les anophèles des pays tropicaux, imposent une tenue couvrante de la tombée du jour au petit matin.
Dans les zones où les insectes sont très nombreux, le HCSP recommande en complément une moustiquaire de tête, portée avec un chapeau à bord large. Pour préparer un séjour en zone tropicale, consultez aussi notre page sur les moustiques en voyage et le paludisme.
La perméthrine est un insecticide de la famille des pyréthrinoïdes, longtemps utilisé pour traiter les vêtements. Le HCSP recommande désormais fortement au grand public de ne pas utiliser de vêtements imprégnés de perméthrine, que l’imprégnation soit faite avec un spray ou en usine : la balance bénéfice-risque est jugée défavorable (grade A).
Certaines autorités étrangères, comme les CDC américains, la conseillent encore aux voyageurs. En France, le HCSP ne recommande plus les pyréthrinoïdes en présence de femmes enceintes et d’enfants de moins de 3 ans, sauf pour les moustiquaires imprégnées en zone de paludisme.
Des répulsifs à base de DEET ou d’IR3535 disposent d’une AMM en France pour être pulvérisés sur les vêtements. Le HCSP les recommande en cas de risque élevé de maladie : séjour prolongé en zone d’endémie ou épidémie en cours.
Les AMM prévoient des limites, notamment pour les enfants et le nombre de pulvérisations : utilisez les biocides avec précaution, lisez l’étiquette. Notre article sur les répulsifs anti-moustiques et leur bon usage vous aide à choisir.
Vos questions
Préférez les couleurs claires. Le HCSP relève que les tissus sombres pourraient favoriser les piqûres de plusieurs espèces de moustiques, et recommande des vêtements amples et clairs. La couleur ne suffit pas pour autant : un vêtement clair mais moulant laisse passer la trompe du moustique. Associez teinte claire, coupe ample et parties du corps bien couvertes, jusqu’aux pieds.
Oui, si le tissu est fin ou plaqué contre la peau. En laboratoire, 70 à 80 % des moustiques réussissent à piquer à travers un tissu au contact de la peau, selon le HCSP. Un vêtement ample, qui laisse un espace d’air, et une matière plus serrée limitent fortement ce risque. Les tiques, elles, ne piquent pas à travers les vêtements.
Non, pas en France. Dans ses recommandations de juin 2026, le HCSP recommande fortement au grand public de ne pas utiliser de vêtements imprégnés de perméthrine, en spray comme en imprégnation industrielle. En cause : le passage de l’insecticide à travers la peau, sa toxicité pour l’environnement et les chats, et une efficacité réduite face aux moustiques résistants.
En zone à risque, utilisez un répulsif à base de DEET ou d’IR3535 autorisé pour les textiles, pulvérisé sur des vêtements en coton. L’effet dure quelques heures, moins de 8 heures selon les autorisations, et disparaît au lavage. Appliquez aussi un répulsif sur la peau découverte. Utilisez les biocides avec précaution, lisez l’étiquette, surtout pour un enfant.
Sources consultées
Page vérifiée et mise à jour le 24 septembre 2026.