Dossier · Se protéger des moustiques

Moustiques en voyage : paludisme, dengue et protection en zone tropicale

En zone tropicale, les moustiques peuvent transmettre le paludisme, surtout la nuit, et la dengue ou le chikungunya, surtout le jour. Trois règles protègent l’essentiel : consulter avant le départ, se protéger des piqûres à toute heure, et consulter sans délai en cas de fièvre au retour.

Par l’équipe Stop les MoustiquesMis à jour le 24 septembre 2026Lecture 4 min

Lit entouré d’une moustiquaire dans une chambre d’hôtel tropicale, éclairage ambré du soir

L’essentiel

  • Les anophèles, vecteurs du paludisme, piquent surtout la nuit ; les Aedes surtout le jour.
  • La chimioprophylaxie du paludisme se décide avec un médecin, selon la destination et le voyageur.
  • Répulsif, vêtements couvrants et moustiquaire imprégnée restent indispensables, même sous traitement préventif.
  • Toute fièvre après un séjour en zone impaludée impose de consulter sans délai.

Les risques changent selon l’heure de la journée

En voyage, deux familles de moustiques concentrent l’essentiel des risques :

  • Les anophèles, qui piquent surtout la nuit et transmettent le paludisme, principalement en Afrique subsaharienne.
  • Les moustiques Aedes, dont le moustique tigre, qui piquent surtout le jour et transmettent la dengue, le chikungunya ou le Zika.

Dans de nombreuses destinations tropicales, la protection doit donc être assurée de jour comme de nuit. Les principes généraux sont rappelés dans notre guide anti-moustique ; cette page se concentre sur les spécificités du voyage.

Le paludisme, première menace en zone tropicale

Le paludisme est dû à des parasites du genre Plasmodium, transmis par la piqûre de femelles de moustiques anophèles infectées. Parmi les cinq espèces qui touchent l’être humain, P. falciparum et P. vivax sont les plus dangereuses ; P. falciparum, le plus répandu en Afrique, provoque le plus de décès.

Selon l’OMS, le paludisme a causé environ 282 millions de cas et 610 000 décès dans le monde en 2024, dont 95 % en Afrique subsaharienne. En France hexagonale, les cas sont importés : l’Assurance maladie estime à 4 960 le nombre de cas de paludisme d’importation en 2025, diagnostiqués au retour de voyage. Il n’y a pas de transmission installée dans l’Hexagone ; seuls de rares cas isolés y sont décrits, par exemple liés à un moustique transporté par avion.

Avant le départ : consulter et anticiper

Prenez rendez-vous avec votre médecin ou un centre de vaccinations internationales suffisamment tôt : certains vaccins doivent être faits plusieurs jours ou semaines avant le départ, au moins 14 jours pour ceux contre le chikungunya. Le professionnel évaluera :

  • la chimioprophylaxie du paludisme : un traitement préventif prescrit par un médecin, choisi selon la destination, la durée et les conditions du séjour, l’âge et l’état de santé. Il débute avant l’arrivée en zone à risque et se poursuit après le retour, pendant une durée qui dépend du médicament ;
  • les vaccins utiles selon la destination, dont ceux contre la dengue ou le chikungunya pour certains voyageurs ;
  • les précautions particulières pour les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes atteintes d’une maladie chronique.

Aucun antipaludique ne protège à 100 % : la chimioprophylaxie complète la protection contre les piqûres, elle ne la remplace pas. Ne prenez jamais d’antipaludique sans prescription, et respectez la durée prévue même si vous vous sentez bien au retour.

Sur place : se protéger jour et nuit

Les autorités sanitaires recommandent de combiner plusieurs mesures de protection personnelle :

  • Un répulsif cutané adapté à l’âge et à la destination, renouvelé selon les indications de l’étiquette. Ce sont des biocides : utilisez-les avec précaution et lisez l’étiquette. Notre article sur le choix d’un répulsif anti-moustique détaille les critères.
  • Des vêtements couvrants, amples, éventuellement imprégnés d’insecticide : voyez notre page sur les vêtements anti-moustiques.
  • Une moustiquaire de lit imprégnée pour dormir, mesure essentielle contre le paludisme : nos conseils pour choisir et installer une moustiquaire de lit valent aussi en voyage.

Pour les bébés et les jeunes enfants, les solutions dépendent de l’âge : consultez notre page anti-moustique pour bébé et enfant. Notre boutique ne vend ni répulsifs cutanés ni moustiquaires imprégnées : procurez-vous-les en pharmacie ou dans un magasin spécialisé avant le départ. Bracelets, ultrasons, pièges lumineux ou plantes ne remplacent aucune de ces mesures.

Au retour : une fièvre doit faire consulter sans délai

Les symptômes du paludisme apparaissent en général 7 à 15 jours après la piqûre, mais peuvent survenir plus tard : fièvre avec frissons et sueurs, maux de tête, douleurs musculaires, vomissements. L’Assurance maladie recommande de consulter sans délai en cas de fièvre dans les deux mois qui suivent le retour, et l’Institut Pasteur rappelle que toute fièvre dans les mois suivant un séjour sous les tropiques doit faire penser au paludisme. Signalez toujours votre voyage au médecin.

Appelez le 15 ou le 112 en cas de signe de gravité : confusion, somnolence, convulsions, difficulté à respirer, jaunisse, saignements. En attendant le diagnostic, ne prenez ni aspirine ni anti-inflammatoire : une dengue n’est pas exclue.

Continuez enfin à vous protéger des piqûres jusqu’à trois semaines après le retour, comme le recommande Santé publique France : cela évite de transmettre un virus contracté en voyage aux moustiques tigres de votre région.

Paludisme, dengue, chikungunya : quels vaccins ?

Il n’existe pas de vaccin contre le paludisme destiné aux voyageurs : les deux vaccins recommandés par l’OMS (RTS,S et R21) sont utilisés chez les enfants vivant dans les zones de transmission modérée à forte. Contre la dengue, le vaccin Qdenga peut être recommandé à certains voyageurs de 6 ans et plus ; contre le chikungunya, deux vaccins existent, avec des restrictions d’âge et d’indication. Les recommandations sanitaires aux voyageurs du Haut Conseil de la santé publique, dont l’édition 2026 a été publiée en mai, servent de référence aux médecins pour décider au cas par cas.

Vos questions

Questions fréquentes

Quels sont les premiers symptômes du paludisme ?

Le paludisme se manifeste d’abord par une fièvre, souvent avec frissons et sueurs, des maux de tête, des douleurs musculaires, parfois des vomissements ou une diarrhée. Ces signes ressemblent à une grippe, d’où le risque de retard. Ils apparaissent en général 7 à 15 jours après la piqûre, parfois plus tard. Toute fièvre au retour d’une zone impaludée justifie une consultation sans délai.

Peut-on attraper le paludisme en France ?

Le paludisme n’est pas transmis de façon installée en France hexagonale : les cas diagnostiqués sont importés, contractés lors d’un séjour en zone tropicale, surtout en Afrique subsaharienne. L’Assurance maladie estime à 4 960 le nombre de cas importés en 2025. De très rares cas locaux sont décrits chaque année, par exemple liés à un moustique infecté transporté par avion.

Faut-il un traitement préventif contre le paludisme pour tout voyage ?

Non, cela dépend de la destination, de la saison, de la durée et des conditions du séjour, ainsi que du voyageur. C’est au médecin de décider s’il faut une chimioprophylaxie et laquelle, en s’appuyant sur les recommandations du Haut Conseil de la santé publique. Dans tous les cas, la protection contre les piqûres reste indispensable, car aucun traitement préventif ne protège totalement.

Quelle protection anti-moustique emporter en voyage ?

Emportez un répulsif cutané adapté à votre âge et à votre destination, des vêtements longs et amples, éventuellement imprégnés, et une moustiquaire de lit imprégnée si votre hébergement n’en fournit pas. Les répulsifs sont des biocides : utilisez-les avec précaution et lisez l’étiquette. Pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes fragiles, demandez conseil à un médecin ou un pharmacien.

Sources consultées

Ces informations générales ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. En cas de gêne respiratoire, de gonflement du visage ou de malaise, appelez le 15 ou le 112.

Page vérifiée et mise à jour le 24 septembre 2026.

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