Dossier · Moustique tigre et maladies
Le virus du Nil occidental, ou West Nile, est transmis surtout par le moustique commun (Culex), et non principalement par le moustique tigre. Huit infections sur dix passent inaperçues, mais de rares formes neurologiques peuvent être graves. Sa circulation progresse en France : 117 cas autochtones au 21 septembre 2026.

L’essentiel
Le virus du Nil occidental doit son nom au district West Nile, en Ouganda, où il a été isolé pour la première fois en 1937. C’est un flavivirus dont le réservoir naturel est constitué d’oiseaux sauvages. Il circule entre les oiseaux par l’intermédiaire de moustiques du genre Culex, en particulier Culex pipiens, le moustique commun, qui pique surtout au crépuscule et la nuit.
L’être humain et le cheval sont des hôtes accidentels : ils peuvent être infectés par une piqûre, mais ne participent pas au cycle de transmission. C’est une différence majeure avec la dengue ou le chikungunya, où la personne malade peut contaminer les moustiques qui la piquent.
Le West Nile est souvent rangé parmi les maladies du moustique tigre. C’est une confusion : selon l’ARS Île-de-France, le principal vecteur est le Culex, tandis que le moustique tigre transmet d’autres virus (dengue, chikungunya, Zika), présentés dans notre page moustique tigre et maladies. Pour une vue d’ensemble de l’espèce et des risques associés, consultez aussi notre guide du moustique tigre.
Les deux insectes n’ont pas les mêmes habitudes : le moustique tigre, rayé de noir et de blanc, pique surtout le jour ; le moustique commun, brunâtre, est actif le soir et la nuit, souvent dans les chambres. Pour les distinguer, lisez notre comparatif moustique tigre ou moustique commun.
L’incubation dure généralement de 2 à 6 jours et peut aller jusqu’à 14 jours. Environ 80 % des infections ne donnent aucun symptôme. Dans près de 20 % des cas, une fièvre de West Nile apparaît pendant quelques jours : fièvre, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires ou articulaires, parfois éruption cutanée ou troubles digestifs.
Moins de 1 % des personnes infectées, environ une sur 150 selon l’OMS, développent une forme neuro-invasive : méningite, encéphalite ou paralysie flasque aiguë. Le risque augmente après 50 ans et chez les personnes immunodéprimées, notamment greffées.
Ces signes n’ont rien de spécifique : seul un examen biologique permet de confirmer l’infection, par une analyse de sang ou, dans les formes neurologiques, du liquide céphalorachidien prélevé par ponction lombaire. C’est au médecin d’en juger selon les symptômes et le contexte.
Consultez un médecin en cas de fièvre inexpliquée en été ou au début de l’automne, surtout si vous vivez ou avez séjourné dans une zone où le virus a circulé. Appelez le 15 ou le 112 sans attendre en cas de :
Il n’existe ni traitement antiviral spécifique ni vaccin pour l’être humain : la prise en charge vise à soulager les symptômes et, dans les formes graves, à assurer une surveillance à l’hôpital. Un vaccin existe en revanche pour les chevaux.
Des cas humains ou équins sont détectés chaque année en France hexagonale depuis 2017. En 2025, Santé publique France a recensé 62 cas autochtones dans six régions, dont trois touchées pour la première fois : l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Normandie. L’Île-de-France comptait à elle seule 19 cas, selon l’ARS.
La saison 2026 est plus intense encore : au 21 septembre, 117 cas autochtones étaient identifiés dans sept régions, de Provence-Alpes-Côte d’Azur aux Pays de la Loire et au Centre-Val de Loire, avec des cas détectés pour la première fois dans huit départements.
La surveillance ne repose pas seulement sur les cas humains : les infections chez les chevaux et les oiseaux signalent elles aussi la circulation du virus. En Île-de-France, l’ARS a ainsi confirmé en 2025 six cas chez des chevaux et deux chez des oiseaux. Si vous possédez un cheval, parlez de la vaccination équine à votre vétérinaire.
Les gestes sont proches de ceux utilisés contre le moustique tigre, avec une attention particulière aux heures d’activité du Culex :
Ces précautions comptent surtout de la fin du printemps à l’automne, période de surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre. Pour les nourrissons, les enfants et pendant la grossesse, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien avant d’utiliser un répulsif.
Notre article Moustique dans la chambre : 8 gestes pour dormir tranquille complète ces conseils.
Vos questions
Par la piqûre d’un moustique infecté, principalement du genre Culex, le moustique commun, qui s’est lui-même contaminé en piquant un oiseau porteur du virus. Ces moustiques piquent surtout au crépuscule et la nuit. Le virus ne se transmet pas par les contacts de la vie courante ; de très rares cas liés à une transfusion ou à une greffe ont été décrits.
Il n’en est pas le vecteur principal. Selon l’ARS Île-de-France, c’est le moustique commun, du genre Culex, qui transmet principalement le virus West Nile. Le moustique tigre est surtout en cause pour la dengue, le chikungunya et le Zika. Les deux espèces justifient toutefois les mêmes gestes : supprimer les eaux stagnantes et se protéger des piqûres, de jour comme de nuit.
Environ 80 % des personnes infectées n’ont aucun symptôme. Les autres présentent le plus souvent une fièvre avec maux de tête, fatigue et douleurs musculaires pendant quelques jours. Moins de 1 % développent une forme neurologique grave (méningite, encéphalite, paralysie), surtout après 50 ans ou en cas d’immunodépression. Raideur de nuque, confusion ou faiblesse d’un membre imposent d’appeler le 15.
Pas pour l’être humain. L’OMS indique qu’il n’existe pas de vaccin humain contre le virus du Nil occidental, ni de traitement antiviral spécifique. Des vaccins existent en revanche pour les chevaux, eux aussi exposés au virus. La prévention humaine repose donc sur la protection contre les piqûres, surtout le soir et la nuit, et sur la suppression des eaux stagnantes.
Sources consultées
Ces informations générales ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. En cas de gêne respiratoire, de gonflement du visage ou de malaise, appelez le 15 ou le 112.
Page vérifiée et mise à jour le 24 septembre 2026.