Dossier · Moustique tigre et maladies
Le moustique tigre peut transmettre la dengue, le chikungunya et le Zika, à condition d’avoir d’abord piqué une personne infectée. En France hexagonale, le risque reste limité mais progresse : 2025 a battu un record de cas autochtones de chikungunya. Voici ce qu’il faut savoir et les bons réflexes à adopter.

L’essentiel
Le moustique tigre (Aedes albopictus) peut transmettre trois virus qui concernent directement la France : celui de la dengue, celui du chikungunya et celui du Zika. Ce sont des arboviroses, des maladies virales transmises par un insecte, ici la femelle moustique lorsqu’elle pique pour se nourrir de sang.
Un moustique tigre ne naît pas porteur de ces virus. Il s’infecte en piquant une personne déjà malade, le plus souvent un voyageur de retour d’une zone où le virus circule, puis peut le transmettre quelques jours plus tard à une autre personne. On parle alors de cas « autochtone » : une infection contractée sur place, sans avoir voyagé.
Pour connaître l’espèce elle-même, ses habitudes et les moyens de lutte, reportez-vous à notre guide complet du moustique tigre.
Le moustique tigre était implanté dans 83 départements de l’Hexagone sur 96 au 1er janvier 2026, selon le portail de signalement de l’Anses, contre 81 un an plus tôt. Chaque année, du 1er mai au 30 novembre, une surveillance renforcée permet de repérer les cas et de déclencher des actions de lutte autour d’eux.
Rapportés à la population, ces chiffres restent modestes. Ils montrent pourtant une extension vers l’ouest et le nord : en 2025, des cas autochtones sont apparus pour la première fois en Nouvelle-Aquitaine, dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté.
Le virus du Nil occidental, ou West Nile, fait souvent l’actualité en même temps que la dengue ou le chikungunya. Il n’est pourtant pas transmis principalement par le moustique tigre : son vecteur principal est le moustique commun, du genre Culex, qui pique surtout au crépuscule et la nuit. Son réservoir naturel est constitué d’oiseaux.
Sa circulation s’étend elle aussi : 62 cas autochtones en 2025 dans six régions, dont l’Île-de-France pour la première fois, puis 117 cas identifiés au 21 septembre 2026. Les gestes de protection sont les mêmes, avec une vigilance supplémentaire le soir et la nuit.
Dengue, chikungunya et Zika se ressemblent au début, et beaucoup d’infections passent inaperçues. Consultez un médecin si vous présentez, dans les jours qui suivent des piqûres ou un retour de voyage :
Signalez toujours un voyage récent. En attendant l’avis médical, évitez l’aspirine et les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène : en cas de dengue, ils augmentent le risque de saignement. Le paracétamol est l’antalgique habituellement conseillé, sur avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de signe de gravité : difficulté à respirer, douleurs abdominales intenses, vomissements répétés, saignement du nez ou des gencives, grande fatigue ou agitation inhabituelle.
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre ces trois virus. La prévention repose donc sur deux leviers : réduire le nombre de moustiques autour de soi et éviter les piqûres.
Pour choisir des protections adaptées (répulsifs, moustiquaires, vêtements), appuyez-vous sur notre guide pour se protéger des moustiques. Et pour apprendre à identifier l’insecte, lisez notre article Moustique tigre : le reconnaître et s’en protéger.
La situation diffère selon les maladies, et les indications sont strictement encadrées :
Ces vaccins se discutent avec un médecin, en fonction de votre âge, de votre état de santé et de votre exposition. Ils ne font pas l’objet d’une recommandation pour l’ensemble de la population de l’Hexagone.
Vos questions
Sa piqûre est surtout gênante : elle démange et peut gonfler. Le risque vient des virus qu’il peut transmettre après avoir piqué une personne infectée : dengue, chikungunya et Zika. En France hexagonale, ces transmissions locales restent limitées, de quelques dizaines à quelques centaines de cas par an, surtout de l’été à l’automne. La vigilance s’impose, sans panique : consultez en cas de fièvre après des piqûres.
Oui, mais cela reste rare. La plupart des cas diagnostiqués dans l’Hexagone sont importés, au retour de voyage. Des transmissions locales par le moustique tigre surviennent pourtant chaque été : 83 cas autochtones en 2024, 30 en 2025 et 6 cas au 21 septembre 2026, selon Santé publique France. Une fièvre avec douleurs après des piqûres justifie une consultation.
Pas en premier lieu. Le virus du Nil occidental est transmis principalement par le moustique commun, du genre Culex, qui pique surtout le soir et la nuit. Le virus circule entre oiseaux et moustiques ; l’être humain et le cheval sont des hôtes accidentels. Le moustique tigre, lui, est surtout en cause pour la dengue, le chikungunya et le Zika.
Consultez un médecin en précisant les piqûres et tout voyage récent : une prise de sang peut confirmer une dengue ou un chikungunya. En attendant, ne prenez ni aspirine ni ibuprofène, et demandez conseil à votre pharmacien pour soulager la fièvre. Protégez-vous des piqûres pour ne pas contaminer d’autres moustiques. Appelez le 15 ou le 112 en cas de signe de gravité.
Sources consultées
Ces informations générales ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. En cas de gêne respiratoire, de gonflement du visage ou de malaise, appelez le 15 ou le 112.
Page vérifiée et mise à jour le 24 septembre 2026.