Dossier · Moustique tigre et maladies
Le chikungunya est une maladie virale transmise par les moustiques Aedes, dont le moustique tigre. Il provoque une fièvre brutale et des douleurs articulaires parfois très invalidantes, qui peuvent durer des mois. Après l’épidémie de La Réunion, 2025 a été une année record de cas autochtones en France hexagonale.

L’essentiel
Le mot chikungunya vient du kimakonde, une langue d’Afrique de l’Est, et signifie « se déformer » : il évoque la posture courbée des malades, pliés par la douleur. C’est la marque de la maladie : des douleurs articulaires qui peuvent être très intenses.
Le virus se transmet par la piqûre de femelles moustiques du genre Aedes : Aedes aegypti, présent notamment aux Antilles et en Polynésie française, et Aedes albopictus, le moustique tigre, installé dans l’Hexagone. Ces moustiques piquent surtout le jour, en particulier tôt le matin et avant le coucher du soleil. Notre guide complet du moustique tigre explique comment le reconnaître.
Les symptômes apparaissent le plus souvent 4 à 8 jours après la piqûre, avec des extrêmes de 2 à 12 jours. Le tableau typique associe :
La fièvre cède en quelques jours, mais les douleurs articulaires peuvent persister des semaines, des mois, voire des années chez certains patients. Selon l’Institut Pasteur, ces formes prolongées sont d’autant plus fréquentes que la personne est âgée, et justifient un suivi médical.
Les formes graves sont rares, mais elles touchent surtout les âges extrêmes :
Des complications neurologiques, comme une méningo-encéphalite, sont possibles. Lors de l’épidémie de 2025 à La Réunion, Santé publique France a recensé 45 décès liés au chikungunya, dont 22 directement dus à la maladie ; deux nourrissons figurent parmi ces décès. Pendant la grossesse, surtout à l’approche du terme, toute fièvre doit faire consulter rapidement. Pour protéger les tout-petits, voyez nos conseils anti-moustique pour bébé et enfant.
Consultez un médecin en cas de fièvre avec douleurs articulaires, surtout après un séjour dans une zone où le virus circule, ou pendant la saison d’activité du moustique tigre. Une prise de sang confirme le diagnostic. Le signalement des cas permet aussi aux autorités d’organiser des actions de lutte contre les moustiques autour du malade.
Il n’existe pas d’antiviral contre le chikungunya : le traitement soulage la fièvre et les douleurs. Tant qu’une dengue n’est pas écartée, l’OMS recommande le paracétamol plutôt que les anti-inflammatoires, qui augmentent le risque de saignement en cas de dengue. Ne prenez donc ni aspirine ni ibuprofène sans avis médical. Appelez le 15 ou le 112 en cas de difficulté à respirer, de confusion, de somnolence inhabituelle, ou de fièvre chez un nouveau-né.
En 2025, La Réunion a connu une épidémie majeure : 54 555 cas confirmés biologiquement sur l’année, selon le bilan de l’Agence régionale de santé au 5 décembre 2025. La fin de la situation épidémique y avait été déclarée fin juin 2025.
Les nombreux voyageurs infectés ont alimenté la transmission locale dans l’Hexagone. Santé publique France y a dénombré 809 cas autochtones en 2025, un record, contre un seul en 2024. En 2026, au 21 septembre, 13 épisodes totalisant 90 cas étaient identifiés dans le Tarn, le Lot, la Gironde, les Landes et le Val-de-Marne. Notre page sur les risques liés au moustique tigre en France replace ces chiffres dans leur contexte, aux côtés de la dengue.
Deux vaccins sont autorisés en Europe, mais leurs indications sont encadrées :
Pour un voyage, la vaccination peut être proposée selon la destination, la durée du séjour, l’âge et l’état de santé. Parlez-en à votre médecin ou à un centre de vaccinations internationales, au moins deux semaines avant le départ. Les autres précautions sont détaillées dans notre page sur les moustiques en voyage.
La prévention repose sur la suppression des gîtes larvaires (soucoupes, gouttières, récipients) et sur la protection contre les piqûres en journée : vêtements couvrants, répulsifs cutanés adaptés à l’âge, moustiquaire pour les siestes des nourrissons. Les répulsifs sont des biocides : utilisez-les avec précaution et lisez l’étiquette. Au retour d’une zone touchée, protégez-vous jusqu’à trois semaines. Et si vous repérez un moustique tigre dans une commune où il n’est pas encore connu, pensez à signaler le moustique tigre.
Vos questions
La fièvre disparaît en quelques jours, mais les douleurs articulaires peuvent durer bien plus longtemps. Selon l’OMS, elles durent généralement quelques jours, mais peuvent persister des semaines, des mois, voire des années. Les formes prolongées sont plus fréquentes chez les personnes âgées. Si les douleurs persistent, un suivi médical permet d’adapter la prise en charge et la rééducation.
Le chikungunya ne se transmet pas par simple contact entre personnes. Il faut une piqûre de moustique Aedes : le moustique s’infecte en piquant un malade, puis transmet le virus à une autre personne. Une transmission de la mère à l’enfant est possible au moment de l’accouchement. C’est pourquoi un malade doit éviter d’être piqué, pour ne pas infecter les moustiques de son entourage.
Oui, deux vaccins sont autorisés en Europe : Ixchiq et Vimkunya. Ixchiq n’est pas recommandé à partir de 65 ans et, depuis juin 2026, il est réservé aux personnes à risque élevé d’infection. Vimkunya est autorisé à partir de 12 ans. Ces vaccins ne concernent que certaines personnes exposées : la décision se prend avec un médecin, après évaluation individuelle.
Oui. Au 21 septembre 2026, Santé publique France avait identifié 13 épisodes de transmission autochtone de chikungunya en France hexagonale, totalisant 90 cas, dans le Tarn, le Lot, la Gironde, les Landes et le Val-de-Marne. C’est nettement moins qu’en 2025, année record avec 809 cas autochtones, mais la vigilance reste de mise jusqu’à la fin de la saison.
Sources consultées
Ces informations générales ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. En cas de gêne respiratoire, de gonflement du visage ou de malaise, appelez le 15 ou le 112.
Page vérifiée et mise à jour le 24 septembre 2026.