Dossier · Se protéger des moustiques
Les pièges qui fonctionnent le mieux contre le moustique tigre imitent l’humain, avec du CO2 ou un leurre olfactif, ou un lieu de ponte. Les pièges lumineux attirent peu ce moustique qui pique le jour. Dans tous les cas, un piège est un appoint : il réduit le nombre de moustiques, sans vous protéger des piqûres.

L’essentiel
Dans ses recommandations de juin 2026, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande les pièges à moustiques comme moyen d’appoint pour diminuer leur abondance autour de l’habitat. Il ajoute trois réserves : les pièges ne sont pas sélectifs, ils demandent un entretien régulier et doivent être associés à la lutte contre les larves. Ils prennent donc place dans une stratégie d’ensemble, présentée dans notre guide anti-moustique.
L’Anses, qui a analysé la littérature scientifique en 2021, conclut que les pièges peuvent réduire significativement les populations de moustiques s’ils sont utilisés en nombre suffisant, sur plusieurs semaines ou mois. En revanche, leur efficacité pour limiter la transmission des virus n’est pas démontrée. Un piège n’est pas une protection individuelle : il ne vous évite pas une piqûre ce soir.
Pour choisir un piège, il faut savoir ce qui attire une femelle en quête de sang. Des travaux publiés dans la revue Cell en 2014 montrent que le moustique combine plusieurs signaux : le dioxyde de carbone (CO2) que nous expirons, les odeurs de la peau comme l’acide lactique, et la chaleur du corps. Le CO2 agit comme un déclencheur qui rend le moustique plus sensible aux autres signaux.
La lumière ne fait pas partie de ces signaux pour le moustique tigre. Le HCSP le rappelle : ce moustique pique le jour et n’est pas attiré par la lumière. Les pièges lumineux visent surtout des moustiques nocturnes. Ce point explique l’essentiel des déceptions.
Le HCSP rappelle aussi que l’odeur de la peau, liée à son microbiote, joue sur l’attraction : c’est l’une des raisons pour lesquelles certaines personnes sont plus piquées que d’autres, comme l’explique notre article pourquoi les moustiques piquent certaines personnes plus que d’autres.
Ces pièges diffusent du CO2 et/ou un leurre qui imite l’odeur humaine, puis aspirent les moustiques qui s’approchent. Ce sont les « pièges en recherche d’hôte » évalués dans les études. Le HCSP conseille de les placer à l’ombre, près de la végétation, dès le début de la saison et pendant toute la période d’activité du moustique tigre.
Le pondoir-piège imite un lieu de ponte : un récipient d’eau stagnante où la femelle vient déposer ses œufs, et où elle est capturée, par exemple sur une surface collante. Il fonctionne sans électricité. Pour mieux comprendre ce qu’il intercepte, voyez notre page sur les larves et œufs du moustique tigre.
Utilisé à grande échelle, ce piégeage a fait ses preuves : à Singapour, entre 2013 et 2016, un piégeage de masse des femelles d’Aedes aegypti a réduit de 36 % l’incidence de la dengue, rapporte le HCSP. Mais il faut une densité de pondoirs plus élevée qu’avec les pièges à CO2, idéalement coordonnée entre voisins. Changez l’eau et la surface de capture selon la notice : un pondoir laissé à l’abandon peut devenir lui-même un gîte.
Les pièges lumineux, à UV ou à LED, attirent puis capturent les insectes par aspiration ou électrocution. Selon le HCSP, ils peuvent attirer des moustiques nocturnes (anophèles, moustique commun), mais leur efficacité est très limitée sur le moustique tigre, et leur usage préventif n’a pas été évalué par des essais scientifiques.
Les grilles électriques posent un autre problème : elles tuent surtout d’autres insectes. Une étude menée aux États-Unis, publiée en 1996, a compté 13 789 insectes électrocutés sur une saison ; seuls 31, soit 0,22 %, étaient des moustiques ou d’autres insectes piqueurs.
Les lampes et ampoules à lumière UV vendues sur notre boutique entrent dans cette catégorie. Elles peuvent capturer des insectes volants le soir, dans une pièce ou sous un auvent, mais les moustiques sont peu attirés par la seule lumière : ce sont des compléments, qui ne vous protègent pas du moustique tigre, actif en journée. Notre article lampe anti-moustique : laquelle est vraiment efficace ? détaille les modèles.
Pour vous protéger au moment présent, d’autres moyens s’imposent : vêtements, répulsif, moustiquaires. Les appareils d’appoint ne changent pas la donne : la raquette électrique dépend de votre habileté, et les appareils à ultrasons ne sont pas recommandés par le HCSP.
Pour s’équiper
Vos questions
Les pièges qui imitent l’humain, avec du CO2 ou un leurre olfactif, et les pondoirs-pièges qui capturent les femelles venues pondre sont les plus pertinents. Les études montrent un effet quand ils sont nombreux, bien entretenus et associés à la suppression des eaux stagnantes. Les pièges lumineux sont peu utiles contre le moustique tigre, qui pique le jour et n’est pas attiré par la lumière.
Elles capturent surtout des insectes nocturnes attirés par la lumière, et beaucoup d’insectes qui ne piquent pas. Le HCSP juge leur efficacité très limitée contre le moustique tigre, actif le jour, et note que leur intérêt préventif n’a pas été évalué. Elles peuvent servir de complément le soir, sans remplacer les moustiquaires, les vêtements couvrants ou un répulsif.
Le HCSP conseille de placer les pièges à l’ombre, à proximité de la végétation, là où les moustiques se reposent. Installez-en suffisamment pour couvrir la zone, dès le début de la saison, et laissez-les fonctionner plusieurs jours avant de juger. Les pondoirs-pièges doivent être plus nombreux que les pièges à CO2 pour obtenir un effet.
Non. Un piège réduit progressivement le nombre de moustiques autour de la maison, mais il ne crée pas de zone protégée autour de vous. Pour éviter les piqûres, combinez la suppression des eaux stagnantes, les moustiquaires aux ouvertures, des vêtements couvrants et, si besoin, un répulsif cutané utilisé selon son étiquette.
Sources consultées
Page vérifiée et mise à jour le 24 septembre 2026.