Dossier · Se protéger des moustiques

Spirale anti-moustique : efficacité et précautions d’usage

La spirale anti-moustique se consume lentement en libérant un insecticide : elle réduit les piqûres, mais sa fumée contient des particules fines, du formaldéhyde et d’autres polluants. Aucune n’a d’AMM en France et le HCSP recommande de ne pas l’utiliser. À défaut, seulement dehors, peu de temps et loin des personnes fragiles.

Par l’équipe Stop les MoustiquesMis à jour le 24 septembre 2026Lecture 4 min

Terrasse au crépuscule avec table dressée et spirale anti-moustique éteinte posée à l’écart

L’essentiel

  • Une spirale réduit les piqûres, mais sa combustion émet particules fines, formaldéhyde et monoxyde de carbone.
  • Aucune spirale ne dispose d’une AMM en France ; elles sont vendues sous régime transitoire.
  • Le HCSP recommande de ne pas les utiliser, et jamais à l’intérieur.
  • Tenez-les loin des jeunes enfants, des femmes enceintes, des fumeurs et des personnes aux poumons fragiles.

Comment fonctionne une spirale

La spirale, ou serpentin fumigène, est une pâte combustible (poudre de bois ou charbon végétal, liant comme l’amidon, nitrate de potassium pour entretenir la combustion) contenant une faible dose de substance active. Une fois allumée, elle se consume par incandescence pendant 4 à 8 heures et libère cette substance dans sa fumée.

En France, 102 spirales sont déclarées dans la base officielle BioCID. Selon le rapport du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) de juin 2026, 73 % contiennent de la pralléthrine, un pyréthrinoïde de synthèse, 22 % du géraniol et 5 % du pyrèthre. Pour comparer avec les autres solutions, consultez notre guide anti-moustique.

Une efficacité réelle mais partielle

Les spirales ont un effet démontré. Une méta-analyse publiée en 2025, portant sur dix essais de terrain ou de semi-terrain, leur attribue une efficacité protectrice moyenne de 56 % contre différents moustiques (Anopheles, Aedes, Culex). Autrement dit, elles réduisent les piqûres sans les supprimer.

Deux limites comptent. Ces essais portaient sur des spirales à la métofluthrine, à la transfluthrine ou à l’esbiothrine, pas sur la pralléthrine majoritaire en France, et aucune étude n’a évalué les spirales au pyrèthre ou au géraniol. Par ailleurs, les moustiques devenus résistants aux pyréthrinoïdes y réagissent moins.

Ce que contient la fumée

Brûler une spirale ne libère pas seulement l’insecticide. La combustion produit des particules fines, du monoxyde de carbone, du dioxyde d’azote et des substances cancérogènes reconnues comme le formaldéhyde et le benzène.

Une étude publiée en 2003 dans Environmental Health Perspectives a mesuré les émissions de plusieurs marques : une seule spirale libérait autant de particules fines que 75 à 137 cigarettes, et jusqu’à autant de formaldéhyde que 51 cigarettes. D’autres travaux associent l’usage des spirales à l’asthme et à la bronchite chronique, et une étude menée à Taïwan à un risque accru de cancer du poumon. Des associations ont aussi été observées, en cas d’exposition pendant la grossesse, avec des naissances prématurées et un faible poids de naissance.

Ces risques concernent surtout l’exposition répétée dans des espaces peu ventilés, d’où une règle simple : jamais à l’intérieur.

Pourquoi le HCSP recommande de s’en passer

Aucune spirale ne dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France : elles sont vendues sous un régime transitoire, sans évaluation complète de leur efficacité ni de leurs risques. S’y ajoute la présence fréquente de pyréthrinoïdes, dont l’Anses a souligné en 2025 les effets possibles sur le neurodéveloppement de l’enfant en cas d’exposition pendant la grossesse ou la petite enfance.

En raison de ces effets observés sur la santé et de l’absence d’AMM, le HCSP recommande de ne pas utiliser les serpentins fumigènes. Il déconseille aussi spécifiquement leur usage aux personnes atteintes de maladies pulmonaires chroniques.

Si vous en utilisez malgré tout

  • Uniquement en extérieur, jamais dans une pièce, une véranda fermée, une tente ou un camping-car.
  • Pour de courtes durées : éteignez-la dès que vous n’en avez plus besoin.
  • À distance des personnes, placée de façon que la fumée ne vienne pas vers vous.
  • Loin des personnes fragiles : jeunes enfants, femmes enceintes, fumeurs, personnes souffrant d’une maladie respiratoire chronique.
  • Sur son support, posée sur une surface incombustible, loin de tout matériau inflammable, et jamais sans surveillance.

Respectez la notice du fabricant. Utilisez les biocides avec précaution : avant toute utilisation, lisez l’étiquette et les informations concernant le produit.

Et les bougies à la citronnelle ?

La bougie passe souvent pour une alternative plus douce à la spirale. Son effet reste limité : elle diffuse sa substance sur quelques mètres seulement, le temps de sa combustion, et son efficacité dépend beaucoup des courants d’air et de la distance. Selon le HCSP, les bougies à la citronnelle, seules à pouvoir être commercialisées en France, ont un effet limité et ne sont pas recommandées.

Des essais en intérieur ont montré que des bougies au géraniol faisaient mieux que celles à la citronnelle, mais le géraniol n’est plus soutenu dans le programme européen d’évaluation des biocides. Et une bougie reste une combustion : en terrasse, elle apporte une ambiance, pas une protection.

Des alternatives pour la terrasse

Pour un dîner dehors, commencez par ce qui ne fume pas : des vêtements anti-moustiques amples et clairs, un répulsif cutané autorisé sur la peau découverte, un ventilateur orienté vers la table. Notre article dîner en terrasse et nuits en camping rassemble la méthode complète.

À plus long terme, la suppression des eaux stagnantes et, en appoint, un piège à moustique entretenu réduisent le nombre de moustiques autour de la maison : c’est tout l’objet de notre page anti-moustique extérieur. À l’intérieur, préférez les moustiquaires ; si vous envisagez un diffuseur électrique, lisez d’abord notre page sur la prise anti-moustique et ses précautions.

Vos questions

Questions fréquentes

Peut-on utiliser une spirale anti-moustique à l’intérieur ?

Non. La combustion d’une spirale libère des particules fines, du monoxyde de carbone et du formaldéhyde, qui s’accumulent dans une pièce. Le HCSP recommande de ne pas utiliser de spirales et, si l’on en utilise malgré tout, de le faire uniquement en extérieur, pour de courtes durées et à distance des personnes. À l’intérieur, préférez les moustiquaires.

Les spirales anti-moustiques sont-elles efficaces ?

Partiellement. Une méta-analyse de 2025 leur attribue une efficacité protectrice moyenne de 56 %, mais sur des substances différentes de la pralléthrine, majoritaire dans les spirales vendues en France. Aucune étude n’a évalué les spirales au pyrèthre ou au géraniol. Elles réduisent donc les piqûres sans les empêcher, au prix d’une fumée polluante.

La spirale anti-moustique est-elle dangereuse pour la santé ?

Sa fumée contient des polluants reconnus, et des études associent son usage à l’asthme, à la bronchite chronique et à un risque accru de cancer du poumon, surtout en cas d’exposition répétée dans un lieu peu aéré. Aucune spirale n’a d’AMM en France. Le HCSP recommande de ne pas les utiliser, et jamais près d’enfants ou de femmes enceintes.

Spirale ou bougie à la citronnelle : que choisir en terrasse ?

Aucune des deux n’est recommandée par le HCSP : la spirale pour sa fumée, la bougie à la citronnelle pour son effet limité à quelques mètres. En terrasse, misez plutôt sur des vêtements amples et clairs, un répulsif autorisé sur la peau découverte, un ventilateur et la suppression des eaux stagnantes autour de la maison.

Sources consultées

Page vérifiée et mise à jour le 24 septembre 2026.

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