Moustique tigre : le reconnaître, comprendre ses habitudes et s'en protéger
Comprendre les moustiques / 24 sept. 2026

Moustique tigre : le reconnaître, comprendre ses habitudes et s'en protéger

Il pique en plein après-midi, à l'ombre du parasol, et il revient à la charge. Le moustique tigre (Aedes albopictus) n'a plus rien d'exotique : il est aujourd'hui installé dans plus de 80 départements de l'Hexagone. Voici comment le reconnaître, comprendre ses habitudes et réduire sa présence autour de chez vous.

Comment le reconnaître

Il est petit, autour de 5 millimètres, plus petit que le moustique commun. Son corps est noir et nettement marqué de blanc : des rayures blanches sur les pattes et une ligne blanche bien visible sur la tête et le dos quand il se pose.

Le second indice, ce sont ses horaires. Le moustique commun sort surtout la nuit. Le moustique tigre pique le jour, avec des pics en début et en fin de journée, et vise volontiers les chevilles et les mollets. S'il vous pique pendant le goûter sur la terrasse, c'est très probablement lui.

Où il vit, et pourquoi il reste près de chez vous

Il ne vient pas des marais. Il pond dans de toutes petites réserves d'eau stagnante, celles qu'on ne remarque pas : coupelles sous les pots de fleurs, jouets oubliés dans l'herbe, pneus, récupérateurs d'eau de pluie mal fermés, bâches qui forment une poche. Il faut environ une semaine pour qu'un œuf devienne un moustique adulte.

Il se déplace peu, dans un rayon d'environ 150 mètres autour de son lieu de naissance. Les moustiques tigres qui vous piquent sont donc nés chez vous ou chez vos voisins proches. C'est une mauvaise nouvelle, et une bonne : en supprimant les petites réserves d'eau autour de la maison, vous agissez directement sur ceux qui vous piquent.

Ses œufs résistent aussi à l'hiver. Collés à la paroi sèche d'un récipient, ils attendent que l'eau revienne au printemps pour éclore.

Pourquoi les autorités le surveillent

Au-delà de la gêne, le moustique tigre peut transmettre la dengue, le chikungunya et le Zika lorsqu'il pique une personne déjà infectée, souvent au retour d'un voyage. En 2025, Santé publique France a recensé dans l'Hexagone 809 cas de chikungunya et 30 cas de dengue contractés sur place, un niveau jamais atteint, en lien avec l'épidémie survenue à La Réunion.

Le risque reste faible pour chacun d'entre nous, mais il explique la surveillance renforcée menée chaque année de mai à novembre. En cas de fièvre avec des douleurs articulaires ou musculaires dans les jours qui suivent des piqûres, surtout au retour d'une zone tropicale, consultez un médecin et parlez-lui de ces piqûres.

Les gestes qui comptent vraiment

  • Videz une fois par semaine tout ce qui retient l'eau : coupelles, arrosoirs, seaux, jouets. Retournez ce qui peut l'être.
  • Couvrez les récupérateurs d'eau de pluie avec un couvercle bien ajusté ou un voile moustiquaire.
  • Curez les gouttières et vérifiez que les siphons de terrasse s'écoulent.
  • Remplissez de sable les coupelles que vous voulez garder.
  • En journée, portez des vêtements amples et couvrants, et utilisez un répulsif cutané adapté si vous restez longtemps dehors.

À la maison, une moustiquaire magnétique sur la porte-fenêtre laisse passer l'air sans laisser entrer les moustiques, de jour comme de nuit. Nous détaillons aussi comment repérer les larves dans le jardin et comment choisir un répulsif.

Le signaler

Vous pensez en avoir vu un dans une commune où il n'est pas encore signalé ? L'Anses recueille les signalements sur le site signalement-moustique.anses.fr. Une photo nette suffit souvent à l'identifier.

Sources : ARS Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre : ce qu'il faut savoir sur lui » ; Santé publique France, bilan 2025 de la surveillance renforcée du chikungunya, de la dengue et du Zika.

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